Makala, un documentaire épique et déchirant d’Emmanuel Gras

0
82

La RD-Congo, un jeune villageois espère offrir un avenir meilleur à sa famille. Il a comme ressources ses bras, la brousse environnante et une volonté tenace. Parti sur des routes dangereuses et épuisantes pour  vendre le fruit de son travail, il découvrira la valeur de son effort et  le prix de ses rêves.

Décidé à connaître un avenir meilleur, Kabwita entreprend, depuis son village reculé, un périlleux voyage jusqu’à Kinshasa. Le documentariste Emmanuel Gras le suit dans son périple, avec l’attention des grands maîtres italiens. Et une pudeur magnifique.

C’est le moment le plus extraordinaire de Makala : la longue marche vers Kinshasa d’un jeune homme qui vit dans une province reculée de la République démocratique du Congo. Son petit vélo est surchargé de charbon de bois qu’il a fabriqué lui-même et qui lui permettra, s’il le vend bien, de nourrir sa famille durant plusieurs mois. La route est dure, elle monte et descend sans cesse. Des voitures, la nuit, évitent à peine le vélo. Parfois, Kabwita tombe : il lui faut, alors, se relever, essayer de ne pas trop gaspiller son précieux chargement et repartir au plus vite, avant que d’autres profitent de sa faiblesse pour l’attaquer. Aux abords de la capitale, d’ailleurs, des flics le rançonnent. Il s’agit de les satisfaire pour éviter le pire : la saisie de sa marchandise.

Un documentaire à suspense

Le talent d’Emmanuel Gras est de rendre presque onirique, presque mystique, la quête de son héros. Au point que son documentaire bascule, soudain, vers une véritable fiction. Presque un suspense : Kabwita parviendra-t-il sain et sauf à la capitale ? Aura-t-il l’habileté de récolter l’argent qu’il lui faut ? L’attention avec laquelle le cinéaste contemple son personnage rappelle les grands Italiens de l’immédiat après-guerre : Roberto Rossellini et sa rigueur, Vittorio de Sica et son émotion douloureuse.

Ce film documentaire a été salué par les critiques. Pour le journal Le Monde, le « film pourvu d’une splendeur formelle ». Paris Match trouve s’agit d’un « documentaire épique et déchirant sur la vie d’un charbonnier au Congo » Pour Libération, c’est tout simplement « une claque et une caresse. » Les Inrockuptibles décèle dans ce film,  » Une beauté, une puissance et une plénitude absolues. »

Avec Télérama

Sourcelexclusif.nfo
PARTAGER

LAISSER UN COMMENTAIRE

Please enter your comment!
Please enter your name here