Facebook essaye par tous les moyens de se faire une place en Chine, et c’est loin d’être gagné

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Mark Zuckerberg a beau tout tenter, Facebook, qui va ouvrir prochainement une filiale en Chine, n’est pas prêt de détrôner les réseaux sociaux chinois.

C’est une tentative (un peu désespérée) de plus pour Facebook pour se faire une place sur le marché chinois. Selon le Washington Post, l’entreprise américaine va bientôt ouvrir une filiale en Chine. Pays dans lequel le réseau social est toujours inaccessible.

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Un incubateur de start-up

La filiale en question, pour laquelle Facebook a déjà obtenu un permis, sera implantée dans la ville de Hangzhou, au sud-ouest de Shanghai. Il s’agira d’un incubateur de start-up, qui aidera à l’aide au développement de jeunes entreprises locales. Coût de l’opération : 30 millions de dollars de capitaux.

Si un tel investissement est une première pour Facebook, l’ambition qui se cache derrière, elle, n’a rien de nouveau. Pour le réseau social, l’objectif est clairement de séduire le marché chinois, duquel il est pour le moment en partie exclu. Dans le pays aux 1,3 milliard d’habitants, Facebook et les autres applications du groupe sont en effet interdites et bloquées, pour la plupart depuis 2009.

Un PDG prêt à tout

Depuis des années, Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, tente de faire plier le gouvernement sur ce point… Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est prêt à tout.

En 2016, le New York Times rapportait que Facebook aurait mis au point un outil permettant de censurer des informations dans une zone géographique donnée. La firme n’avait alors pas nié l’existence d’un tel outil, tout en expliquant “n’avoir pris aucune décision sur [son] approche avec la Chine”.

Mark Zuckerberg avait aussi multiplié les rencontres avec les dirigeants de Pékin. Pour eux, il avait lâché ses sempiternels t-shirts et pulls gris au profit d’un costume-cravate, appris le mandarin pour faciliter les échanges, et même risqué un jogging malgré un important nuage de pollution sur la célèbre place Tiananmen, s’attirant les moqueries des internautes.

Facebook a aussi lancé en août 2017 une application de partage de photos en Chine, nommée “Colorful Balloons”. Enfin, l’entreprise a ouvert des bureaux à Hong Kong – d’où elle n’est pas bannie.

Des réseaux sociaux locaux – et censurés

Ces initiatives n’ont pas vraiment été couronnées de succès. La Chine refuse toujours d’entendre les doléances de Facebook, qu’elle juge dangereuse car elle pourrait servir à diffuser des informations non contrôlées.

Le pays préfère favoriser des entreprises locales lorsqu’il s’agit des réseaux sociaux en général. Weibo est l’équivalent de Twitter, WeChat ferait pâlir WhatsApp.

Ce n’est pas uniquement pour le gouvernement un choix économique, mais aussi et surtout une question de contrôle. Une entreprise locale est plus simple à surveiller – et éventuellement censurer – qu’une firme étrangère comme Facebook. Sur Weibo, le gouvernement peut choisir ce que vous voyez en haut de votre fil d’actualité, ou décider de bannir des hashtags jugés trop sensibles… Et ça, ça n’est pas prêt de changer. La censure, ces derniers mois, s’est plutôt intensifiée dans le pays concernant Internet que l’inverse. N’en déplaise à Mark Zuckerberg et sa cravate.

En fait, à bien y regarder, il se pourrait même que l’incubateur ne voit jamais le jour. En 2015, Facebook avait ainsi obtenu un permis pour installer des locaux à Beijing. Mais le délai octroyé pour la construction par le gouvernement, de seulement trois mois, n’avait pas permis à la firme d’être prête, et donc, de faire aboutir ce projet.

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