Refus de visas pour des comédiennes congolaises

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Prévue aux Halles de Schaerbeek (Bruxelles) les 19 et 20 février prochain, Datcha Congo ne sera pas vue par le public belge suite à un refus de visa notifié à la troupe le 23 janvier . Retour sur un énième dommage collatéral de la fermeture de la maison Schengen.

Tout a commencé quand Bwanga Pilipili, metteur en scène et comédienne belge d’origine congolaise, propose sa pièce aux Halles de Schaerbeek en Belgique. Accueillie avec enthousiasme, Dactcha Congo qui a été conçue et jouée au festival « ça se passe à kin » l’été 2018, impressionne et fait l’unanimité. De retour en Belgique, la metteure en scène décide de proposer sa création à des théâtres belges. Un théâtre accepte et prévoit même des dates au mois de février.

Au début tout semblait possible

Commence alors pour l’artiste le parcours du combattant afin de faire venir ses comédiennes et jouer cette pièce entièrement écrite par la comédienne qui signe ainsi son entrée dans le domaine des metteurs en scène. « La pièce Datcha Congo que j’ai écrite via une commande du Tarmac des auteurs de Kinshasa pour la huitième édition du festival ça se passe à Kin, traite de la nostalgie, la fin d’une époque, le début d’une autre époque. Je fais un focus sur les transitions économiques ou politiques mais aussi cet ère de nostalgie, de mélancolie que j’ai pu palper quand je me baladais dans les rues à Kinshasa, dans certains quartiers et en discutant avec les kinois.» explique Bwanga Pilipili avant de poursuivre « C’est aussi une pièce qui parle de la famille, mais aussi des rapports de force qui peuvent exister dans les familles. Je pense que cette pièce c’est ma déclaration d’amour à une ville comme Kinshasa où tout est possible, le meilleur, comme le pire. »

Fermeture de la maison Schengen…dommages collatéraux

Le “pire” elle ne l’avait certainement pas vu venir avec cette décision d’un refus de visa pour ses comédiennes. Bwanga Pilipili que cette décision a bouleversé explique que déjà au courant de l’été 2018, le théâtre avait  reçu une réponse  les avertissant qu’il était impossible de déposer une demande de visa à la maison Schengen cette dernière étant fermée depuis l’année dernière. « Il m’a été dit par le consul que ma demande de visa était rejetée du fait de la fermeture de la maison Schengen et que cela dépendait uniquement du gouvernement congolais. Qu’ils attendaient un signal d’apaisement, ou du moins une décision officielle qui pourrait autoriser l’octroi de ces visas. Mais pour l’instant aucun visa professionnel  n’était accordé sauf en cas de représentation culturelle dans le cadre d’un intérêt national manifeste

« Nous sommes les ambassadeurs de notre culture »

C’est dans ce même contexte et état d’esprit que les comédiennes de la pièce ont exprimés leur dépit. Pour elles, cette situation n’a que trop durer. En dehors de Datcha Congo, elles devaient se produire dans plusieurs pays européens. « Nous étions attendues en Belgique pour présenter ce spectacle, il se fait que les autorités belges ici à Kinshasa ne nous ont pas délivrés de visa à cause du contentieux qui oppose la Belgique et notre pays. Nous avons très mal accueilli cette nouvelle vu que nous avons travaillé dur pour préparer cette tournée,» explique Maguy Kalomba une des comédiennes de Datcha Congo.

On ne nous a même pas donné la possibilité d’introduire notre demande,c’est une situation déplorable pour nous les artistes,” s’indigne l’artiste en expliquant« De part notre métier nous sommes amenés à voyager à travers le monde, quand nous partons nous sommes les ambassadeurs de notre culture. Nous ne comprenons pas pourquoi ces mesures perdurent. Elles impactent la vie des artistes au vrai sens du mot. Nous espérons que les autorités actuelles vont faire diligence pour résoudre ce problème concernant la fermeture de la maison Schengen,» conclut Maguy Kalomba.

En attendant que la situation soit résolue au niveau politique de nombreux artistes se sont vus refuser le visa pour la Belgique c’est notamment le cas de quatre danseurs congolais qui devaient joués le 21 février prochain dans la pièce «Histoire(s) du Théâtre II» programmée au théâtre de Gand (NTGent) et mis en scène par l’auteur Milo Rau.

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